Pour Allocarpentras, il s’agit d’informer exactement, avec le texte intégral de M Largier. Informer en effet, a perdu pas mal de son sens avec certains médias nationaux dont on peut plutôt estimer qu’il font de la propagande, au détriment d’une réelle information. Localement c’est différent. (Et M Largier a communiqué son texte à tous les présent-es)
Un bouleversement comme celui ci peut être l’occasion pour les habitant-es, de réaliser à quel point la gestion de leur ville les concerne. Après la conférence, des remarques et questions ont été soulevées, dont celle de Pedro, tellement sincère : "nous qui avons voté pour la gauche, nous sommes tristes et aussi en colère de constater que vous n’arriviez pas à vous entendre". Pourtant, il est bien plus profitable d’avoir un vrai débat que de la poudre aux yeux. Que voulons nous, électrices et électeurs, habitant-es de Carpentras : Une vitrine le soir du Conseil Municipal où toute l’équipe semble d’accord ? Ou en adulte responsable, on accepte, les très difficiles tâches de chacun-e, dont on sait très bien qu’elles sont l’occasion de discussions serrées, et de décisions qui divisent ? Non, ce bouleversement n’est pas nuisible à notre ville ; il va peut-être créer une prise de conscience. Nous avons voté pour des militant-es de certaines causes qui nous sont chères. Une fois élu-es (et on le regrette), certain-es hommes et femmes acceptent d’affirmer leur leur convictions un peu moins fort. Pour Guy Largier c’est le contraire : "moi je ne peux pas"
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TEXTE DE GUY LARGIER
J’ai, comme le veut la procédure, envoyé ma lettre de démission à Mme la sous-préfète de Carpentras par lettre recommandée le 16 décembre à 14H30.
Tout d’abord j’éprouve une profonde tristesse de ne pas mener à bien et jusqu’au bout le programme sur lequel avec mes colistiers je m’étais engagé.
Je souhaite par votre intermédiaire en toute franchise en donner les raisons à vos lecteurs et auditeurs et par là même, aux carpentrassiens. Les raisons de mon choix reposent sur un manque de démocratie, et une volonté de façade d’agir sur les plans écologique et social. Devant le non respect de nos engagements de campagne, et ne croyant plus à la capacité du maire et de son centre de commande d’évoluer, j’ai décidé d’agir hors de cette équipe, mais au sein du conseil municipal, et à travers diverses associations.
Tout d’abord le maire a progressivement et sans mon accord vidé le contenu de ma délégation :
- Deux jours après notre victoire aux élections municipales, alors que j’étais 5iéme sur la liste, et que j’étais un des un des représentants essentiels de la mouvance écologiste, le maire revient sur ces engagements en ne me proposant pas le poste d’adjoint, parce qu’il y avait trop d’hommes qui souhaitaient cette responsabilité ; et qu’avec la règle de l’alternance entre les femmes et les hommes, il lui fallait faire ce choix !
-Lors de la première semaine qui a suivi la prise de nos nouvelles responsabilités le maire décide de confier la délégation auprès du Syndicat Rhône-ventoux concernant l’eau potable et celle du Syndicat du comité sud-ouest du mont-ventoux concernant la prévention des risques d’inondations, au délégué au sport et au développement économique ! Les raisons invoquées étaient d’ordre politicien : placer quelqu’un de « sûr »….. Ces délégations reviennent dans toutes les municipalités de notre taille à l’adjoint à l’environnement ; de plus de formation ingénieur j’en avais toute la compétence. Je représentais déjà une menace pour les différents intérêts et copinages à l’intérieur de ces deux structures.
Dés le début de ma prise de responsabilité, j’ai mis en place le comité consultatif sur l’environnement et le développement durable, qui comprenait environ 30 personnes, membres de différentes associations dans la défense de l’écologie. Cinq groupes de travail se sont constitués riches en réflexions et propositions :
1, le développement du bio dans les cantines et sur notre territoire
2, La diminution des nuisances et en particulier la proposition d’une charte aux opérateurs de la téléphonie mobile
3, Les pistes cyclables et les transports doux
4, Le SPANC, l’eau potable et l’assainissement
5, L’éducation à l’environnement
Très vite, pour concrétiser les propositions, il est apparu la nécessité d’adjoindre à chaque groupe de travail un technicien de la ville et souvent un autre élu. La méthode n’était pas portée par une vraie motivation politique au niveau du maire, de son cabinet et du directeur des services. Ce travail n’a produit que peu de résultat :
Un arrêté concernant l’interdiction de la culture des OGM
La décision de développer le bio dans les cantines
La réalisation d’une cartographie et des mesures concernant les antennes
La construction et la pose d’arceaux pour les vélos
La décision d’expertiser le contrat d’affermage avec la SDEI
La réalisation de la semaine de l’environnement
La charte de l’environnement que j’ai présentée en suivant le modèle de l’agenda 21 de la ville de Besançon lors d’une séance plénière du comité consultatif à laquelle étaient invités le maire, les conseillers municipaux , et les techniciens concernés. Le maire, qui n’avait pas pris le temps de lire cette charte, n’a fait aucun commentaire
Aucun autre comité consultatif ne s’est mis en place, même s’il était proposé par un autre adjoint, (sauf celui avec l’association des commerçants) alors que le programme électoral prévoyait plusieurs commissions extra-municipales.
Vu l’absence de débat au sein de la majorité et la prise des décisions importantes qu’à 4 ou 5 personnes autour du maire, avec d’autres adjoints et conseillers municipaux de toutes couleurs politiques, nous avons écrit au maire une lettre demandant plus de démocratie interne. A partir de là non seulement je n’avais pas le soutien du maire dans mes actions pour réaliser une politique dans le domaine du développement durable et de l’environnement, mais en plus j’avais gagné sa méfiance. Cette demande collective de démocratie interne remettait trop en cause son mode concentrique de gouvernance. A la suite de cette lettre, le directeur général des services propose un nouvel espace de prise de décision, appelé le bureau des élus, composés des responsables des commissions municipales, qui exclut certains adjoints et le parti communiste. Malgré de nombreuses demandes les modalités de ce groupe n’ont pas changé.
En plus de ce manque de démocratie envers les élus et les associations environnementales, voici quelques faits qui démontrent le trop faible engagement concernant le développement durable :
La COVE, avec l’aide del’ADEME, nous propose de faire réaliser par un bureau d’étude gratuitement unbilan Carbone à l’échelle de notre territoire. Ce bilan, en permettant d’estimer les effets de nos activités sur le réchauffement climatique, est un outil de réflexion et un moyen pédagogique pour conscientiser notre personnel et les habitants de Carpentras Nous avions simplement à diffuser des questionnaires auprès de nos agents. Sans en parler à l’élu référent, le DGS décide de ne pas réaliser ce bilan. Quelle déconsidération du rôle des élus ! Et de l’intérêt pédagogique pour tous de ce bilan !
A la veille de l’été une amorce de travail s’est mise en place par la création d’un groupe de travail sur la construction d’un Agenda 21 en interne entre le D G S, le directeur des services techniques, deux techniciens et trois élus : Mmes Gallichio, Michaut, et moi. J’ai pu aussi rencontrer pour la première fois le maire 3 fois deux heures, pour organiser le fonctionnement d’un futur service environnement et développement durable .Avec les élus concernés : Christine Michaut pour l’éducation à l’environnement, Michèle Gallichio pour les nouvelles technologies j’ai mis au point l’ organisation suivante : Nous devions nous voir avec les techniciens toutes les semaines et régulièrement le directeur des services techniques, le DGS les membres du cabinet et le maire. A la rentrée, première semaine de septembre, tout à été remis en cause. Le premier adjoint a été nommé responsable du développement durable. Depuis nous n’avons eu qu’une seule réunion où chacun a pu donner sa définition du développement durable. Quelle perte de temps ! Encore 4 mois de perdu !
Le dossier le plus épineux depuis le départ est celui de l’eau et de l’assainissement :
Pour rappel en décembre 2007, l’ancienne municipalité vote l’attribution de la délégation de l’assainissement à la SDEI avec un contrat d’affermage qui prévoit deux augmentations : une en janvier 2008 et une, encore plus importante, à la mise en route de la nouvelle STEP. Cette dernière représente environ 70€ pour une famille de 4 personnes qui consomme 120 M3 par an .Ce qui représente une augmentation des recettes pour la SDEI de presque un million d’euros. Parallèlement Dominique LOUIS et Louise CROVETTI, anciennes conseillères municipales, ont déposé chacune un recours au tribunal administratif. Le jugement, qui vient d’être rendu, annule la délibération de décembre 2007.
Lors de la campagne municipale le maire a affirmé : »En fonction du bilan technique et financier dans le cadre d’une commission extra-municipale, il sera clairement posé la reprise de la gestion de l’eau potable et de l’assainissement en tant que service municipal. » Il aura fallu un an, au mois de mars 2009, pour que la municipalité prenne la décision d’expertiser ce contrat d’affermage ; au lieu de le confier à un bureau d’étude dont nous étions sûr de la capacité d’analyse, nous choisissons la procédure de l’appel d’offre ; et on a mis quatre mois pour l envoyer début juillet, en ne laissant que 15 jours au bureau d’étude pour répondre ! Un bureau d’étude n’a pas reçu à temps le courrier. Quelle attente ! Puis quelle précipitation !
Alors qu’à ce jour le bureau d’étude retenu n’a toujours pas remis son rapport, on peut se demander s’il sera rendu public ? Le maire a indiqué qu’il serait prêt à faire expertiser ce rapport. Selon quel critère ? Dans quel cadre ? Celui d’une commission extra-municipale ? Nous rentrons donc dans une période de réflexion et d’analyse juridique importante, qui nécessite une grande transparence. Or à ma demande auprès du maire d’organiser une rencontre avec Mmes CROVETTI et LOUIS pour réfléchir aux conséquences du procès, il m’a répondu « qu’il n’avait pas le temps » ! Est-ce-que le fait que la SDEI sponsorise différentes festivités est à même de faciliter la capacité de négocier au mieux les intérêts des carpentrassiens ? Le rôle du maire n’est-il pas de défendre ses concitoyens avec l’aide de tous ceux qui connaissent les pratiques des multinationales de l’eau ? Ne peut-il y avoir confusion entre intérêt privé et public ?
Au vu de ce manque de volonté du maire et d’une partie de son équipe d’agir en profondeur sur les questions écologistes et sur le développement durable ; au vu de leur non considération des valeurs de transparence et de collaboration avec les associations écologiques, j’ai décidé de démissionner. Je me suis retrouvé devant un choix : Continuer à serrer des mains et à influencer à la marge certaines décisions ou reprendre mon droit à la parole, à l’expression publique comme je le fais ici. Je ne pouvais plus cautionner par mon silence et mes votes ces comportements et ces choix. Il m’est apparu évident et cohérent par respect des carpentrassiens, qui ont choisi notre équipe pour ses engagements, de renoncer à mon poste d’adjoint. Comme conseiller municipal, je continuerai à les représenter et à défendre leurs convictions.
| Pour expliquer, en quoi précisément je ne peux plus cautionner une politique politicienne,qui ignore l’environnement et le développement durable, j’organise une réunion publique mercredi 6 janvier à 18h au château de la roseraie. Ensuite autour d’un verre nous verrons comment faire avancer nos idées. J’espère vous voir mercredi. Si vous ne pouvez pas venir, vous pouvez me joindre au 06 72 27 85 28 |
